Apprenez COBOL et devenez le héros de la crise !

Le dinosaure des langages de programmation est l’un des langages le plus recherché aux USA actuellement ?

PYTHON est trentenaire. C aura bientôt cinquante ans. FORTRAN a déjà passé la soixantaine… Il existe un autre dinosaure, encore beaucoup utilisé, un dont vous n’avez probablement jamais entendu parler : le COBOL. Il est utilisé dans 80% des transactions financières. COBOL, c’est le langage de programmation de l’argent. Plus de 200 milliards de lignes de COBOL sont encore utilisées aujourd’hui, et tout cela doit être maintenu.

(Article adapté d’un post de Rhea Moutafis sur la nécessité de disposer de ressources en COBOL (USA). Fotograf/Zeichner: Mike Ross.)

Pourquoi personne ne connaît plus COBOL ?

Tout d’abord, parce que COBOL – COmmon Business Oriented Language – est un langage pour les hommes d’affaires, pas pour les programmeurs. Fortran (1957) avait bien été développé avant et aurait pu s’imposer, mais il existait un écart entre la recherche académique, avec ses langages (Lisp, Algo, C,…), et le monde des affaires. COBOL a été conçu pour qu’un homme d’affaires, sans connaissance en programmation, comprenne ce qui se passe.
COBOL a des bizarreries syntaxiques qui le rendent acceptable pour les entreprises, mais pas pour les développeurs d’aujourd’hui. Comme le fait qu’il n’a pas de fonctions ou de sous-programmes (au lieu de cela, il y a des divisions, des sections, des paragraphes et des instructions).
Au grand dégoût des pionniers de la programmation des systèmes dans les années 1970. “L’utilisation de COBOL paralyse l’esprit ; son enseignement doit donc être considéré comme une infraction pénale.” Edsger W. Dijkstra. Mais à ce moment-là, il était trop tard. Les codes fondamentaux des banques et de la bureaucratie ont déjà été élaborés et déployés.

Mais pourquoi c’est toujours partout ?

Certain ont dit qu’il avait été construit par des personnes qui n’avaient aucune idée de ce qu’est le code informatique. Loin de ça. C’est une équipe autour du légendaire Grace Hopper qui a rendu son développement possible. Les spécifications de COBOL, inspiré du FLOW-MATIC et de COMTRAN, d’IBM, ont été terminée en 1959.

Comparé aux langages de programmation qui existaient dans les années 50, COBOL était une révolution. Il était facile à utiliser et à comprendre, portable, indépendant de la machine et capable de changement. C’était un langue qui venait directement du futur. Il a donc été adopté partout : banque, assurance, agences gouvernementales.

En 1970, il n’y avait guère de système qui n’était pas écrit en COBOL.

Dans les années 1980, le langage informatique professionnel sera proclamé mort, et la tendance va si vite que les nouveaux programmeurs ne prennent pas la peine de l’apprendre.

Actuellement, une demande viendrait des états-Unis ?

Alors que les demandes de chômage montent en flèche aux États-Unis, les anciens systèmes de sécurité sociale – basés sur du COBOL – sont surchargés. Les gouverneurs sont prêts à tout pour mettre la main sur les programmeurs COBOL.

Aujourd’hui, “Beaucoup de nos départements du travail à travers le pays utilisent toujours le système COBOL. Vous connaissez une technologie très, très ancienne. […] Notre Ministère du Travail avait reconnu que c’était un problème et en avait lancé la modernisation, mais, c’est quelque chose qui prend du temps. Ce (virus) est intervenu et ils ont dû interrompre la transition vers un système beaucoup plus robuste. Ils fonctionnent donc sur des trucs vraiment anciens. ” – rappelle Laura Kelly, gouverneure du Kansas.

Le gouverneur du New Jersey a même fait une apparition à la télévision afin de faire passer le mot. IBM a essayé d’apporter son aide en publiant des appels à des programmeurs COBOL, mais la recherche reste difficile. « Les développeurs sont très demandé actuellement, et peut-être encore plus, les personnes qui connaissent le langage COBOL », nous dit-on !!!